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Philippe Assalit: le photographe et son public

J’ai rencontré Philippe Assalit à l’exposition « N’ayez pas peur! », organisée par Golden Brain.  Il n’est pas habituel de parler d’un public et encore moins de « fans » pour un photographe et Philippe Assalit a bien voulu me donner son point de vue sur la relation d’un photographe avec le public.

La vidéo a été prise au tout début de l’exposition et la salle se remplissant au fur et à mesure il faut parfois tendre un peu l’oreille.

Je retiens principalement que:

  • Tous les types d’expositions ont leur intérêt et peuvent être pratiqués par un même artiste
  • Exposer, ça s’apprend.
  • La présentation de l’œuvre à un public, par la remise en question qu’elle implique, aide à affiner une démarche artistique.
  • Un artiste cherche la confrontation avec le public, cependant il n’est pas choquant de placer des œuvres sur une exposition sans y être physiquement présent, comme dans le cas d’une exposition à l’étranger.
  • Les anciens acheteurs forment le cercle le plus proche de l’artiste, ce qu’on appellerait les « true fans » dans le vocabulaire de la musique.
Photo des photos de Philippe Assalit

Photo des photos de Philippe Assalit

Je me permets une digression sur les nouvelles pratiques marketing et commerciales de la photographie.

A l’heure où l’industrie musicale évolue vers le D2F (direct to fans), il est probable que cette évolution peut s’appliquer aux autres formes artistiques: les outils en ligne permettent à un artiste d’aller à la rencontre du public sans intermédiaire, qu’il soit photographe, sculpteur ou musicien, s’il sait véhiculer son art sous forme de fichiers texte, son ou vidéo. Philippe Assalit dispose d’une visibilité par son site et les pages qui lui sont consacrées sur les sites de Golden Brain et de la galerie Acte 2. En revanche il ne considère pas utiles les plate-formes sociales, alors même qu’elles sont à mon sens l’exacte transposition en ligne de la logique de l’exposition: n’importe qui peut entrer, regarder, donner son avis, puis en parler à ses amis.
Le compte Flickr du photographe Pierre Arnaud Gillet est un exemple d’exposition en ligne, sans limitation dans le temps ou les distances, avec des milliers de visiteurs et près de 900 abonnés.
Ceci dit la galerie d’art garde un avantage indiscutable sur Flickr: on peut y acheter/vendre les œuvres. C’est là la différence essentielle avec la musique qui se « consomme » de façon dématérialisée; un fort attachement à une photo exige que celle-ci existe en dehors de son affichage numérique et ait une existence matérielle.

Afin de permettre l’accès à une œuvre matérielle, le photographe californien Ctein fait tout simplement de la vente à distance: il propose une galerie en ligne sur son site avec la liste des prix permettant de lui commander ses œuvres avant envoi. Plus original encore, il propose une formule d’abonnement permettant de recevoir régulièrement des créations.

Un site tel Amkashop permet d’externaliser la réalisation et la promotion de l’œuvre physique. Ce site propose une galerie dans laquelle les artistes peuvent proposer des visuels. Ceux-ci sont sélectionnés par les membres pour être ajoutés à la boutique en ligne. Les clients peuvent acheter une œuvre matérielle et une partie de la vente est reversée à l’artiste. Attention toutefois, car Amkashop se veut avant tout une vitrine des arts numériques plutôt que la photographie.

Ces nouvelles possibilités ne menacent en rien les expositions hors ligne qui demeurent un canal privilégié de maturation, de rencontre et de vente. Les formats sont très nombreux et de multiples innovations ou optimisations sont possibles. La démarche de ce blog sera justement d’explorer au fur et à mesure les possiblités hors ligne.

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